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Rezé, du 19e siècle à la Première Guerre mondiale

Le 19e siècle est incontestablement celui de l'essor industriel, à Rezé comme ailleurs. Le visage de la ville se transforme véritablement à cette époque avec d'importants aménagements urbains, de nouveaux édifices et réseaux de communication. 

Vient aussi le temps de l'affirmation progressive du régime républicain, après les révolutions de 1830 et 1848 et le Second Empire. Les institutions telles les écoles et la mairie deviennent incontournables dans le panorama rezéen.

Frise chronologique

Industries et négoces

Après les troubles de la fin du 18e siècle, vient le temps de l'apaisement et de la reconstruction en particulier pour le quartier de Pont-Rousseau, rasé durant les combats révolutionnaires. Le 19e siècle ouvre une nouvelle page de l'histoire de la ville, résolument tournée vers l'essor industriel.

C'est justement dans le secteur de Pont-Rousseau que cet élan est le plus marqué avec le développement d'un véritable faubourg industrieux : construction, métallurgie, distilleries, fabriques d'engrais, filatures et bonnetteries, carrosseries, commerces, etc. De grandes entreprises rezéennes se font jour : Marchais (maçonnerie), Reffé (négoce de matériaux), Grandjouan (répurgation), Champenois (commerce des métaux puis du charbon), Bariller Frères (filature), Rigault (vinaigrerie), Ruggieri (pyrotechnie) ou encore Suser avec la tannerie de la Morinière, qui remplace la savonnerie de Thomas Dobrée.

Véritable poumon économique de Rezé, ce bassin industriel développé le long de la Sèvre et de Pont-Rousseau compte au milieu du siècle près de 4000 habitants, soit plus de la moitié de la population de la ville estimée alors à environ 7000 personnes. Le quartier concentre une forte population ouvrière, mais aussi d'industriels et chefs d'entreprise, quand le reste de la ville demeure encore à vocation plus rurale.

Seuls les villages des îles de Loire se démarquent, tournés encore essentiellement vers la pêche, mais où la construction navale connaît également une belle croissance à partir de la seconde moitié du 19e siècle.

Chemin de fer et transports modernes

Incarnation de l'essor industriel du 19e siècle, le chemin de fer fait son arrivée à Rezé en 1875 avec l'ouverture de la ligne reliant Nantes à Pornic, qui suit le tracé de l'ancienne diligence. La gare de Pont-Rousseau et un premier viaduc ferré sur la Loire sont construits à l'époque (l'actuel viaduc a été reconstruit deux fois déjà en 1927 et 1945). 

En 1893, une nouvelle ligne de chemin de fer ouvre vers Legé et une seconde gare est réalisée face à celle de Pont-Rousseau : elle disparaîtra avec la fermeture de cette ligne en 1935.

Si le rail est un incontournable de l'époque, d'autres moyens de transport voient également le jour au 19e siècle à Nantes et par extension à Rezé. Ainsi en est-il du réseau d'omnibus (transport public avec des véhicules tractés par des chevaux), lancé à Nantes en 1826 - une première en France - qui dessert Pont-Rousseau dès l'année suivante. 

À la fin du siècle, les tramways font leur apparition : là encore Nantes innove avec le tramway à air comprimé Mékarski, dont l'une des lignes desservira Pirmil et Pont-Rousseau. Dans les années 1900, le conseil municipal rezéen formule le souhait d'étendre le tramway jusqu'aux Trois-Moulins mais il faudra attendre 1930 pour que le voeu se réalise.

La modernité industrielle ne se limite pas aux transports terrestres. La navigation voit aussi se développer des réseaux de desserte fluviale avec des bateaux à vapeur :

  • sur la Loire, les "roquios" assurent la liaison entre Nantes et Trentemoult à partir de 1889.
  • sur la Sèvre, les "hirondelles" sont mises en service dès les années 1870.

Rezé s'étend et se modernise

En l'espace d'un siècle, Rezé voit sa population augmenter de manière considérable : de 4753 habitants en 1826, la ville passe à 8751 habitants en 1901. De nécessaires aménagements urbains sont alors entrepris afin de moderniser une ville en expansion.

De grands travaux de voirie sont réalisés : création de nouvelles routes et traversées de la ville, alignement des rues, reconstruction des ponts Rousseau et de la Morinière sur la Sèvre. 

Le risque d'inondation récurrent de la Loire et de la Sèvre suscite également de nouvelles transformations du territoire : à Trentemoult, de nouveaux quais en pierre sont construits et le ruisseau du Courtil Brisset est asséché ; à Pont-Rousseau des remblais sont créés à la jonction entre Sèvre, Loire et Seil afin de protéger la nouvelle voie ferrée en 1875.

Enfin, la modernité s'invite à Rezé avec l'installation en 1875 de l'éclairage au gaz à Pont-Rousseau, quartier le plus dense de la ville. Le télégraphe suit en 1883, étoffant les services de la poste. Un premier réseau téléphonique verra également le jour au tournant du 20e siècle.

De nouveaux édifices religieux

L'accroissement de la population rezéenne au cours du 19e siècle a également des conséquences pour l'organisation de la vie paroissiale. En effet, une nouvelle paroisse est créée en 1841 à Pont-Rousseau et la nouvelle église Saint-Paul y est édifiée.

L'ancienne église Saint-Pierre dans le bourg, datant du Moyen-Âge et devenue trop vétuste, est démolie pour laisser place à un nouveau sanctuaire réalisé entre 1859 et 1869, dans un nouvel axe qui transforme le visage du quartier.

Plus au sud, c'est aux Naudières qu'un nouvel ensemble voit également le jour à la fin du 19e siècle :  cette ancienne propriété est alors reconstruite pour accueillir un séminaire de la Société des missions africaines.

Les installations de plusieurs congrégations religieuses à Rezé à cette époque sont à l'origine de l'édification d'une maison hospitalière dans le nouveau coeur urbain de la ville à Pont-Rousseau : il s'agit de la clinique Saint-Paul.

En 1905, la loi de séparation de l'Église et de l'État provoque à Rezé de violents incidents lors des inventaires dressés l'année suivante, notamment à l'église Saint-Paul ou des barricades de chaises sont dressées.

L'institution municipale

Au cours du 19e siècle, les régimes politiques se succèdent : Premier Empire, Restauration et Monarchie de Juillet, IIe République, Second Empire puis enfin IIIe République. Les différents pouvoirs en place exercent une autorité et un contrôle plus ou moins forts sur les institutions communales

À Rezé, les municipalités consécutives sont aussi le reflet de ces différents mouvements et couleurs politiques : si le comte Joseph de Monti de Rezé est un maire royaliste durant la Restauration, ses successeurs sont des orléanistes ralliés au régime de la Monarchie de Juillet, des bonapartistes fidèles au Second Empire, puis des républicains modérés ou radicaux.

Le rôle désormais prépondérant des communes, nées durant la Révolution, et la croissance démographique rezéenne nécessitent de nouveaux équipements. Trois mairies successives sont ainsi construites dans le bourg au cours du 19e siècle :

  • en 1838 (à  l'emplacement de l'actuel groupe scolaire Yvonne-et-Alexandre-Plancher, rue Georges Grille)
  • en 1858 (à l'emplacement de l'actuelle Place Jean-Baptiste Daviais)
  • en 1895 (actuel Hôtel Grignon-Dumoulin).

Menaces de sécession et d'annexion

L'unité territoriale de Rezé fut à plusieurs reprises menacée par des vélléités de redécoupage administratif de la commune, concernant plus particulièrement les secteurs des îles rezéennes et de Pont-Rousseau.

En 1821, les Trentemousins entrent en conflit avec le maire, Joseph de Monti, également comte de Rezé, qui conteste aux îliens la propriété des communs, ces terres partagées et gérées collectivement, sur lesquelles il aurait souhaité rétablir un droit seigneurial au profit de la commune. Refusant de reconnaître son autorité, les habitants réclament alors de s'auto-administrer. Si la préfecture donne tort au maire sur les communs, elle refuse cependant la sécession des villages des bords de Loire.

Pont-Rousseau, du fait de sa prospérité économique, attise au milieu du 19e siècle les convoitises. Une partie des habitants sont alors favorables à une séparation de Rezé pour devenir une commune autonome mais le projet est finalement rejeté en 1861.

Les séparatistes reviennent toutefois à la charge 8 ans plus tard. Mais le développement de la voie ferrée a désormais détourné de Pont-Rousseau une partie des routes commerciales vers le sud-Loire et le projet semble alors moins attrayant : il est de nouveau rejeté.

En 1908, Nantes demande cette fois l'annexion entière de Rezé, ainsi que celles des communes de Doulon et Chantenay. Si ces deux dernières passent effectivement dans le giron nantais, le Conseil d' État refuse d'y intéger Rezé et préserve l'unité de la ville.

Les écoles

L'instruction publique se développe au cours du 19e siècle, poussée par les idées de la Révolution, qui font progressivement de l'État le grand organisateur du système éducatif notamment avec les lois Guizot de 1833 (instauration des écoles communales pour les garçons) et Ferry de 1881 et 1882 (école publique gratuite, laïque et obligatoire).

À Rezé, les municipalités mènent une politique volontariste en la matière et dotent la ville d'équipements scolaires communaux, en plus des écoles privées existant déjà auparavant. 

La première école publique fut installée avec la première mairie de 1838, la seconde école près de l'église Saint-Paul en 1867. De nouveaux équipements permettront de les agrandir ou de les remplacer sous la IIIe République : par exemple, l'école des filles de 1882 dans le bourg prend la place de l'ancienne mairie-école, tandis que l'école des garçons est désormais installée près de l'église Saint-Pierre.

Des établissements privés continuent à fonctionner en parallèle des écoles communales à cette période, parfois même dans un climat de concurrence.

Vivre à Rezé

Si l'essor industriel a permis l'enrichissement d'une partie de la population et la formation d'une nouvelle bourgeoisie, la majeure partie des Rezéens vit encore modestement à cette époque, notamment pour la classe ouvrière de plus en plus nombreuse.

Le siècle est traversé de nombreux soubresauts qui impactent les conditions de vie : révolutions en 1830 et 1848, guerre franco-prussienne de 1870, maladies et épidémies (le choléra à Nantes en 1832). Au milieu du 19e siècle, le nombre de personnes vivant dans la misère augmente fortement et la famine touche la ville. La population, en constante augmentation depuis le début du siècle, connait même une baisse entre 1856 et 1876. Des sociétés de secours mutuel et un bureau de bienfaisance voient alors le jour.

Rezé doit également affronter plusieurs grandes inondations qui touchent tout particulièrement les îles de Loire et Pont-Rousseau. Certaines crues du fleuve, terribles, ont marqué les mémoires en 1872, 1904, 1906 et 1910.

La vie quotidienne à Rezé en ce début de 20e siècle n'est pas toujours facile et les inquiétudes du temps sont fortes alors que se profile la marche vers la guerre...

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